Lundi 31 mars 2008
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Par Sam Dolnick AP - il y a 17 minutes NASHIK, Inde - La dive bouteille devient tendance en Inde. Les nouvelles classes aisées considèrent désormais le vin comme un signe de sophistication,
stimulant le développement d'un secteur viticole encore modeste dans un pays où, religion et tradition obligent, l'alcool ne fait pas naturellement partie des moeurs. Avec ses 100 millions de
dollars de chiffre d'affaires, l'industrie indienne du vin fait mieux qu'exister, comme en atteste une croissance annuelle supérieure à 25% depuis 2003. "Son temps est venu", assure même Rajeev
Samant, PDG et fondateur de Sula Vineyards, l'un des principaux producteurs du pays. De nombreuses entreprises vinicoles ont vu le jour ces dernières années: on en compte au total une cinquantaine,
presque toutes dans l'Etat du Maharashtra (ouest). Cet essor a engendré la création de bars à vin, salles de dégustation et d'un tourisme vinicole, qui commencent peu à peu à attirer des visiteurs.
L'industrie viticole indienne reste relativement modeste, surtout pour un pays de 1,1 milliard d'habitants. En 2006, les viticulteurs indiens ont vendu 940.000 caisses de vin en Inde et 60.000 à
l'étranger, des chiffres en nette progression par rapport à 2003 (530.000 et 30.000), selon les entreprises du secteur. En 2007, les viticulteurs américains ont, par comparaison, livré 217 millions
de caisses aux Etats-Unis et 50 millions à l'étranger. Les viticulteurs indiens n'ont pas la partie facile dans un pays où l'alcool reste largement stigmatisé pour des raisons religieuses et
culturelles, et où beaucoup de ceux qui boivent -essentiellement des hommes- sont adeptes du whisky-soda. Mais le marché indien est considéré comme prometteur. Trois grands acteurs internationaux
-Seagram India, filiale de Pernod Ricard, UB Group, deuxième producteur mondial de boissons alcoolisées, et Diageo India, dont la maison mère commercialise le whisky Johnnie Walker et la vodka
Smirnoff- ont lancé récemment des vins indiens. La plupart des bouteilles indiennes coûtent environ 10 dollars et sont ainsi bien meilleur marché que les vins étrangers, dont le prix d'origine peut
être multiplié plusieurs fois à cause de taxes et autres droits d'importation. Les vins indiens sont fruités et sucrés mais souffrent d'une "déficience de complexité et de texture", selon le
Français Stéphane Soret, sommelier en chef de l'Imperial, un hôtel de luxe de New Delhi qui ne propose aucun cru indien dans sa carte des vins. De son côté, Robert Joseph, un expert britannique,
note que la culture viticole indienne est trop récente pour avoir pu développer un style propre, ajoutant que de nombreux vins indiens ont en commun un "manque de maturité et de sophistication".
Toutefois, plusieurs spécialistes internationaux ont émis un avis favorable sur des vins populaires indiens comme Grover, Chateau Indage et Sula, qui est servi dans des restaurants à la mode de
Londres et New York. Les paysans du Maharashtra sont de plus en plus nombreux à se mettre à la vigne dans les collines de Nashik, région au coeur de l'industrie viticole indienne. Ils expliquent
avoir doublé leurs bénéfices depuis qu'ils ont commencé à vendre aux entreprises vinicoles. Selon Rajeev Samant, le patron de Sula, qui a vendu près de deux millions de bouteilles l'an dernier, le
succès de sa société s'explique par les goûts de millions de travailleurs aisés influencés par la culture occidentale. Mais même les entreprises vinicoles les plus florissantes du pays ne croient
pas en un engouement populaire pour le vin. "C'est une boisson étrangère", souligne Kapil Grover, directeur des vignobles Grover. "Cela ne touchera pas les villages, ça ne concernera que les 2% les
plus riches de la population." Ce qui représente tout de même quelque 20 millions d'habitants. AP
Par estelle
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